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Adam Bradford, auto-représentant et lauréat du Queen’s Young Leader Award 2016

 « J’espère que cette reconnaissance incitera d’autres jeunes autistes à atteindre leur but »

Adam Bradford en train de recevoir le prix Queen’s Young Leader des mains de la reine Élisabeth II.

 

Adam Bradford, 23 ans, qui a contribué à l’organisation du 11e Congrès d’Autisme-Europe avec la National Autistic Society (Royaume-Uni), a reçu les honneurs de la Reine Elisabeth II pour son travail qui a contribué à améliorer la vie des autres au Royaume-Uni.

Diagnostiqué avec le syndrome d’Asperger à l’âge de 11 ans, Adam lance son entreprise sociale dans le domaine des technologies de l’information (TI) et initie un projet de mentorat et d’entreprenariat dans sa ville à Sheffield. Adolescent, il obtient une place à la Peter Jones Enterprise Academy et convertit son projet en une entreprise sociale. Il travaille aux côtés d’organisations nationales et internationales en tant que mentor et aident les jeunes à démarrer leur propre entreprise. Il mène aussi des campagnes de sensibilisation à l’autisme, ainsi qu’à l’addiction aux jeux de hasard et se rend dans des établissements d’enseignement et les prisons pour aider les jeunes à s’en sortir. Toujours à la tête de sa société de consultance, il collabore avec de nombreuses associations caritatives et organisations du secteur de la jeunesse.

Autisme-Europe : Que signifie pour vous et pour la communauté de l’autisme le fait d’avoir reçu le prix “Queen’s Young Leader Award” (trad. littérale : Prix du jeune leader de la Reine) ?

Adam Bradford : Le Queen’s Young Leader Award est une plateforme inspirante car elle permet à moi-même et aux autres lauréats de montrer aux jeunes comment prendre un rôle actif dans la société. Plus que jamais, dans le monde actuel, nous avons besoin de leaders, de personnes qui changent le monde et remettent en question ce qu’ils estiment ne pas être juste. Pour moi et les 59 autres lauréats de ce prix prestigieux, l’honneur réside dans la reconnaissance de notre engagement social et en ce qui me concerne personnellement, il contribue à mettre en exergue la capacité des personnes autistes à se réaliser – à condition de bénéficier du soutien adéquat. J’espère que cela inspirera d’autres jeunes autistes à atteindre leurs objectifs.

AE : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en tant que personne autiste dans votre quotidien ?

AB : Aujourd’hui, dans la vie de tous les jours, j’essaie d’adopter différents comportements et stratégies que j’ai appris à développer. Je comprends que ce soit plus difficile pour certains mais je pense que le véritable obstacle qu’il convient de franchir est lié à la compréhension. Beaucoup ont entendu parler de l’autisme mais peu se donnent la peine de prendre le temps de comprendre cette condition et ce que cela implique pour les personnes autistes. En ce qui me concerne, j’ai tendance à passer trop de temps sur certaines choses, à être incapable de filtrer mes pensées et cela peut être très difficile mentalement. Je dois travailler dur et avoir un groupe d’amis et de coaches sur qui compter pour avancer dans la vie de tous les jours. Je suis heureux de mener une carrière entrepreneuriale et de pouvoir faire une multitude de choses comme partager mon histoire mais je reçois beaucoup de soutien pour m’aider à rester concentré.

AE : Pourriez-vous nous dire quelques mots sur la campagne « Look Past the Label » (traduction littérale : regarder au-delà de l’étiquette) et d’autres campagnes que vous avez menées pour promouvoir la sensibilisation à l’autisme ?

AB : Look Past the Label a été ma façon de dire au monde de respecter et d’apprécier la différence. J’ai décidé de raconter mon histoire et de donner des conseils pratiques aux parents dont les enfants venaient d’être diagnostiqués autistes. Il fallait combler le fossé quand les conseils pratiques, basés sur le vécu et l’expérience, manquaient. Il y a un manque de compréhension de l’autisme au Royaume-Uni et à travers l’Europe et j’ai voulu contribuer à y remédier. J’ai suffisamment d’assurance heureusement pour partager mon histoire et donner un aperçu de la façon dont je pense et ressens les choses, même si ce n’est pas toujours facile. Je pense que d’autres personnes devraient faire preuve d’assez de courage pour le faire. Nous pourrions contribuer, ensemble, à plus de compréhension et, de ce fait, mieux faire apprécier l’autisme. Il n’y a aucune honte à avoir.

AE : Travaillez-vous en ce moment autour de la sensibilisation à l’autisme ?

AB : Je travaille actuellement avec mon partenaire commercial afin de concevoir et de lancer un magazine qui sera réalisé par et pour les personnes autistes, mettant en lumière leurs succès. Le magazine sera publié en ligne et offrira aux jeunes autistes une véritable expérience de travail dans le cadre de cette activité.

Le prix fait partie du Queen’s Young Leaders Programme qui met à l’honneur les succès des jeunes qui  prennent des initiatives pour transformer la vie des autres et apporter des changements durables dans la communauté.

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