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David Nicholson : auto-représentant, consultant en autisme et musicien

« Lorsque j’ai été officiellement diagnostiqué autiste, j’ai ressenti un énorme soulagement. »

David Nicholson joué du violon lors du 11e Congrès International d’Autisme-Europe à Edimbourg.

 

Violoniste depuis l’âge de 11 ans et diagnostiqué autiste à 19 ans, David Nicholson affirme que « sans aucun doute, la musique m’a aidé à faire face au Syndrome d’Asperger ». « Par la musique et le violon, je suis capable de m’exprimer et de libérer mes émotions. Cela m’aide à communiquer comment je me sens. Si je ressens de la tristesse ou de l’anxiété, je prends mon instrument et je joue quelques airs. A son tour, le fait de jouer m’aide à relâcher l’anxiété ou la tristesse. Après, je me sens mieux. »

Bien qu’il ait des difficultés à socialiser et à communiquer, David met en pratique le fait  de « célébrer l’autisme ». Il a décroché plusieurs emplois aux Parlements écossais et britannique, dans des organismes gouvernementaux et pour des partis politiques. Dans le domaine de l’autisme, David a également travaillé pour des associations telles que la National Autistic Society, Ambitious about Autism ou encore Inclusion Scotland.

Autisme-Europe : Nous avons trouvé cette phrase sur votre blog « Je ne regrette pas et ne regretterai jamais d’avoir le Syndrome d’Asperger. Cela fait partie de moi. » En quelle mesure votre vie a-t-elle changé après avoir été diagnostiqué ? Qu’est-ce que cela signifie, pour vous, d’être autiste ?

David Nicholson : Lorsque j’ai été officiellement diagnostiqué en 2008, j’ai ressenti un énorme soulagement. Je savais que j’étais réellement autiste et cela a rendu la chose officielle. Cela n’a pas radicalement changé ma vie mais je savais qu’une fois diagnostiqué, je serai en meilleure position pour accéder au soutien dont je pourrais avoir besoin.

Je suis très fier d’être autiste malgré les défis que pose ma condition. C’est une grande part de mon identité. Grâce à l’autisme, je peux me concentrer sur ce que j’aime dans la vie : la musique, la politique et la nature. Je suis convaincu qu’avoir le Syndrome d’Asperger ne m’empêchera pas d’atteindre ce que je souhaite dans la vie, comme devenir candidat conservateur au Parlement, trouver une compagne et me marier, avoir des enfants, etc. Il y aura des défis à surmonter mais avec un bon esprit combatif je vais faire en sorte de renverser toutes ces barrières.

AE : Quels défis rencontrez-vous au quotidien en tant que personne autiste ?

DN : Les principaux défis auxquels je fais face en ce moment sont l’anxiété et l’isolement social. Je n’ai pas beaucoup d’amis à Fife (région côtière de l’Est de l’Ecosse) et mes plus proches amis sont dispersés dans le reste de l’Ecosse et du Royaume-Uni. Cela veut dire que ma vie sociale n’est pas très épanouie. Parfois, j’ai essayé d’être quelqu’un d’autre, afin de rentrer dans le moule. C’était une erreur. Plus jamais je ne changerai qui je suis dans le but de ressembler aux autres ou de les impressionner. Il est essentiel, et cela ne vaut pas seulement pour moi mais aussi pour les autres personnes avec autisme, d’être vrais, indépendamment de ce que pensent les autres dans la communauté ou ailleurs. Afin de combattre l’anxiété et la solitude, j’ai récemment rejoint un groupe de musique local à Fife où je rencontre de nouvelles personnes. Cela m’aide à prendre confiance en moi et à réduire mon anxiété.

AE : En tant qu’auto-représentant et consultant en autisme, quels sont les défis et objectifs professionnels rencontrés dans le domaine de l’autisme ?

MN : En tant qu’auto-représentant, mon principal défi est de m’assurer qu’aucun domaine de la société n’exclue les personnes autistes.  Qu’il s’agisse de l’éducation, du sport ou de la politique, la société doit être accessible et inclusive pour mes pairs avec autisme et moi-même. Je pense que si l’on offrait aux personnes autistes la chance de démontrer leurs capacités et leurs talents dans une grande variété de domaines, y compris le droit, la science, la musique et la technologie, la société s’en trouverait fortement enrichie.

Il est important que les gouvernements, les auto-représentants, les familles, le secteur bénévole et les autres parties concernées travaillent ensemble à une société respectueuse des personnes autistes, où chaque personne sur le spectre autistique puisse recevoir le soutien dont elle a besoin ainsi que l’opportunité de mener à bien ce qu’elle entreprend dans n’importe quel domaine d’intérêt. Je suis profondément convaincu que les personnes autistes doivent avoir davantage l’occasion de s’exprimer et de faire entendre leur voix par ceux et celles occupant une position d’influence ou de pouvoir. La voix de mes pairs mérite d’être entendue et d’être prise en considération.

Un message pour les personnes autistes

Le message que je souhaiterais adresser à mes pairs avec autisme est de toujours rester soi-même, de célébrer le fait d’être différent et d’accueillir positivement l’autisme. Oser rêver grand et, en dépit de ce que le autres peuvent penser, continuer à se battre pour réussir.